Nous assistons à une régression d'un certain nombre des principes et des valeurs qui ont fait la République en
France. La Constitution dit : "La République est démocratique, laïque et sociale". Mais, en France, la République est de moins en moins démocratique, de moins en moins laïque et de moins en moins
sociale, donc de moins en moins République !(F. Bayrou)
Ce qui fait froid dans le dos avec le pouvoir actuel, c'est sa volonté constante non seulement d'être ultra-hégémonique mais aussi d'humilier l'adversaire politique. On a vu, l'année dernière, comment des renégats ex-UDF tel que Maurice Leroy ou André Santini cherchaient à ridiculiser François Bayrou et son projet de Modem. Santini, ce monstre de vulgarité cynique à la gestion douteuse et aux procédés malhonnêtes, s'en prenait à l'un des seuls personnages issu de la droite qui a eu le courage de dire NON et de persister dans son attitude. On voit encore cette fin de semaine cet acharnement proprement hallucinant contre les syndicats, le parti socialiste et Ségolène Royal contre laquelle on ressort les pires clichés misogynes de la campagne présidentielle (Estrosi l'a traitée de bigorneau). Quel est donc l'intérêt d'une telle violence ? On se croirait revenu aux jours sombres qui […]
C'est un leitmotiv qui remonte à la campagne présidentielle de 2007: le "tout sauf Sarkozy" serait contre-productif, attaquer Sarkozy sur sa personne n'aurait pas de sens, il ne serait que l'émanation d'un air du temps, d'une idéologie plus large; ne compterait que le "terrain des idées", etc. etc. Or, depuis lors, tout nous montre que, comme tout le monde le sent instinctivement, c'est pourtant bien l'individu Sarkozy qui pose problème avant toute chose. Pour preuve, l'hostilité sourde d'une bonne partie de la droite à Sarkozy. Bien sûr, on lui est reconnaissant d'avoir obtenu une victoire qui paraissait compromise mais que de haines recuites et d'hostilité sourde ! Un ami haut-fonctionnaire marqué à droite (ancien de la campagne Chirac) me confirmait récemment ce fait. La droite gaulliste gronde d'indignations rentrées et de révoltes inassouvies (voir l'excellente analyse […]
Pour Sarkozy, la libération de Bétancourt, c'est l'événement idéal: beaucoup d'émotions, un scénario de cinéma, un ex-otage qui clame sa foi et son espérance (cf. les discours sarkozyens sur l'espérance religieuse), une guérilla de has been marxistes bien méchants et bien cruels, une otage et sa famille qui en rajoute sur le thème de " Sarkozy, vous êtes formidable, vous êtes la France, je vous aime. Je vous dois la vie ! ". Et puis surtout ce que permet cet événement: la conjonction avec la gauche bobo parisienne incarnée par Carla Bruni et sur laquelle Sarkozy fantasme complètement depuis qu'il a commencé son ouverture (et combien il est significatif de voir que tant de rejetons de l'ex-gauche caviar se donnent à Sarkozy avec tant de bonne grâce depuis un an). Tout cela sur fond de caisse de résonnance offerte par des médias pipolisés (qui adooorent ce genre d'événements live […]
Voici donc une nouvelle hausse des taux directeurs de la BCE, notamment pour éviter ce que la pensée libérale appelle "les effets de second tour" inflationniste, à savoir les augmentations de salaire pour compenser la montée des prix, augmentations qui, elles-mêmes, provoqueraient de nouveaux renchérissements des marchandises (les employeurs répercutant sur le prix des produits l'augmentation de la masse salariale), ouvrant la voie à de nouvelles revendications salariales, etc. etc. jusqu'à la formation d'un cercle vicieux nommé "spirale inflationniste". Seulement ce beau raisonnement me chiffonne quelque peu. Car n'y aurait-il pas un moyen simple d'éviter la spirale en question ? Au lieu de répercuter les hausses salariales sur les prix, pourquoi ne pas réduire les marges et les bénéfices, en prenant notamment sur la part réservée aux versements de dividendes ? Depuis 25 ans, le […]
L'Etat-Nation européen n'a jamais eu aussi peu de pouvoirs, aussi peu d'influence sur la marche du monde, à moins d'en passer par la force de frappe de l'Union Européenne (mais comme il passe son temps à en faire un bouc-émissaire et à la saper par tous les moyens, il n'est pas évident d'en faire étalage public). Je comprends fort qu'on ne s'y résigne pas mais hélas! les solutions envisagées sont presque toutes nostalgiques d'un passé à jamais révolu. C'est sur cette nostalgie que Sarkozy a joué de façon tout à fait malhonnête et irresponsable pendant la campagne présidentielle de 2007. Cela aura été sans doute l'ultime baroud d'honneur du volontarisme bonapartiste traditionnel. L'échec immédiat qui a suivi aura probablement pour conséquence de décrédibiliser pour bien longtemps l'action politique en France: prévoyons des taux d'abstention records dans les années qui viennent. Cet […]
Or donc coups de menton de Sarkozy suite au dramatique fait divers de Carcassonne qui s'avère pourtant un acte isolé et accidentel. Le lendemain: démission du chef d'Etat-Major de l'armée de terre ! On ne s'empêchera pas de penser que Sarkozy a profité de ce drame pour mettre au pas une armée qui grogne depuis l'annonce de réformes drastiques (baisses de crédits, fermetures de bases), une armée restée plutôt gaulliste et légitimiste qui accepte très mal le virage atlantiste et les incompétences manifestes de Sarkozy.
Depuis la privatisation de TF1 au nom du "mieux-disant" culturel cher à François Léotard (que Dieu lui pardonne!), la télé française hertzienne a commencé à se dégrader (à l'exception heureuse de France 5 et Arte). Ce qui se passe depuis début janvier accélère le mouvement. Le comble a été évidemment l'annonce récente de la nomination du président de la télé publique par le président lui-même sous prétexte que l'ancien système de nomination par le CSA était "hypocrite" (sous-entendu: de toute façon, c'était l'Elysée qui continuait à tirer les ficelles par derrière). Cet argument est tout de même renversant ! A ce moment-là, pourquoi pas supprimer le Parlement puisque la majorité est conforme à la couleur politique du président de la République ? Ne serait-ce pas mettre fin à une "hypocrisie" ?
Puisque ce blog en est à ses débuts, il faut poser quelques préalables. Je retranscris ici donc la réponse que j'avais faite à un blogueur qui demandait à ses lecteurs: "Pourquoi êtes-vous anti-sarkozyste ?" Voici ce que j'avais répondu : Je suis antisarkozyste bien plus qu'anti- tout autre politicien(ne) extrême excepté, parce que Sarkozy incarne parfaitement, par ses discours, ses attitudes, son passé, son mode de vie, sa façon d'être, etc..., l'inverse de ce que je respecte : * Il est né, a grandi, a vécu, a toujours été élu dans une banlieue chic de Paris, il ne comprend rien à la province, au monde paysan (dont je suis directement issu). * Il incarne la pire droite, la droite historiquement anti-gaulliste, revancharde, une droite communautariste, qui n'a plus le sens de l'Etat et de l'intérêt général, qui s'attache à une forme mal comprise de la vulgate néo-libérale (même le […]
Alors là, il fallait oser: le magazine Challenges (propriété du groupe Perdriel dont fait partie Le Nouvel Observateur, hebdomadaire soi-disant de gauche) titre en une cette semaine: "1er Job, mode d'emploi" avec une photo illustrative de Jean Sarkozy légendée : "Jean Sarkozy, 21 ans, conseiller général des Hauts-de-Seine". Est-ce là du deuxième degré ? Si tant est que cela le soit, ce serait d'un mauvais goût consommé quand on connaît le nombre de jeunes condamnés à enchaîner les stages puis les CDD, quand on sait la difficulté qu'il y a à trouver un stage quand on n'a pas de réseau ou de relations. Jean Sarkozy est évidemment tout le contraire de cela: fils de son père, enfant gâté dans le département le plus riche de France. Plus généralement, entrer dans un kiosque à journaux est devenu une terrible souffrance: la pipolisation a tout contaminé jusqu'à la presse la plus sérieuse […]
L'Irlande a donc dit non à Lisbonne et la crise recommence de plus belle en Europe. Encore un coup de massue. Il me semble qu'il y a un immense malentendu au sujet des institutions européennes qui sont en train de servir de bouc-émissaires de la mondialisation. Faute de pouvoir s'en prendre au FMI, à la Banque Mondiale, à l'OMC, aux grands de ce monde (USA, Chine), on s'en prend à l'UE, la seule institution internationale à portée de vote. D'où la virulence à l'extrême-gauche contre Bruxelles, virulence qui m'avait étonné au printemps 2005 quand le NON de gauche avait, pour la première fois, pris son essor. Jusqu'alors, la construction européenne était par excellence un non-sujet, quelque chose vu globalement positivement et qui ne déclenchait jamais les passions du plus grand nombre. Certes, il y avait eu le débat sur Maastricht mais à l'époque, le NON restait connoté à droite, lié […]
Pourquoi ce blog ? Des blogs, il y en a des milliers voire des millions. Beaucoup ne durent guère plus de quelques mois ou ne sont lus que par une poignée de lecteurs. Bref, ce blog n'a strictement aucune prétention, ni quant à sa durée, à sa périodicité ou à son lectorat. Il n'a d'autre ambition de départ que de me servir de journal sous forme électronique, histoire de conserver trace de mes réflexions au gré de mes lectures et de l'actualité. Pourquoi ce blog maintenant ? L'évolution politique, économique et sociale et même culturelle de la France me révolte chaque jour davantage. Faute de pouvoir changer grand-chose, j'ai besoin de réagir, de résister au moins par l'écriture, en attendant mieux - j'espère- d'ici quelques années. Je crois en la construction européenne qui me paraît le projet politique le plus exaltant et le plus nécessaire. Je crois en une Europe puissante, si […]
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Ecrire pour résister à l'incroyable régression qui s'abat actuellement sur la France (et l'Europe ?) ** Me contacter à cette adresse: ferrailleur(at)gmail.com
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