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Entendu ce matin dans une radio nationale, la représentante officielle d'un nouveau syndicat: le Syndicat des Travailleurs du Dimanche. Cette organisation qui revendique déjà 2000 adhérents défend avec véhémence le projet de loi sur le travail le dimanche au nom de la liberté laissée à chacun de travailler "s'il en a envie". Sa présidente, modeste salariée de la grande distribution (1200 euros / mois) nous explique qu'elle peut gagner jusqu'à 400 euros supplémentaires par mois grâce à ses dimanches payés double et s'en prend violemment aux vieux syndicats et politiques récalcitrants les accusant de vivre encore au "début du siècle" (on suppose qu'elle pense au XXe siècle: la loi sur le Dimanche chômé date de 1906 sous le gouvernement Clemenceau).
Peut-il y avoir symptôme plus manifeste de la "sarkozysation" des esprits ? D'autres ont déjà écrit mieux que moi l'aberration à la fois morale et économique à vouloir exiger toujours plus de travail le dimanche. Pourtant, dans le grand public, l'idée semble faire son chemin, au nom du réalisme, du pragmatisme voire du modernisme !
Et ce faux-cul de Bertrand qui explique que la loi en préparation vise à protéger les salariés travaillant déjà le dimanche, menacés dans leur emploi parce que leurs employeurs paient des astreintes trop importantes (sic !!). Il faut oser.
Si en 2050, il y a des gamins de 12 ans qui travaillent, après la classe, 2 à 3 heures par jour dans une pizzeria ou chez un fabricant de fringues: y aura-t-il la création d'un Syndicat des Enfants Travailleurs pourfendant notre archaïsme de vieux schnocks du début du siècle, coupés des nouvelles réalités ? Y aura-t-il un ministre qui nous expliquera qu'il faut légisférer en la matière pour protéger les emplois de ces enfants, indûment menacés par les descentes de police trop fréquentes chez leurs employeurs excédés ?
La spirale est déjà enclenchée. Elle est dans les têtes. Dès 2012, Sarkozy pourra tranquillement ressortir sa quincaillerie idéologique de 2007. Voici donc comment, au nom du pragmatisme et de la modernité, on peut profiter de la crise, pour accélérer encore la stupéfiante régression sociale que vit notre pays.