Nous assistons à une régression d'un certain nombre des principes et des valeurs qui ont fait la République en
France. La Constitution dit : "La République est démocratique, laïque et sociale". Mais, en France, la République est de moins en moins démocratique, de moins en moins laïque et de moins en moins
sociale, donc de moins en moins République !(F. Bayrou)
Il est rare que je reproduise un texte in extenso mais celui publié récemment sur un
blog par la romancière Anne-Marie Garat est tellement fort que je me permets de le retranscrire tel quel
:
En 1933, depuis près de trois ans, le Reichstag avalise sans broncher ; les décisions se prennent sans débats ni votes. Von Hindenburg gouverne un coude sur l’épaule des SPD,
tétanisés, un coude sur celle des nazis, bons bougres. Hitler n’a plus qu’à sauter sur l’estrade, grand clown des atrocités, impayable dans son frac tout neuf.
Qui prétend encore que c’est arrivé du frais matin ?
Le sommeil a bon dos, où naissent les songes, et les cauchemars. Mais on ne se réveille pas dans le pire, stupeur, au saut du lit : le pire s’est installé, insidieux, dans le paysage,
banalisé par l'apathie ou l’incrédulité des uns, la [...]
Pour une fois, je vais faire de ce qui devait être un simple commentaire sur le blog de l'aubryiste Abadinte, un véritable billet en forme de coup de gueule.
Dans un énième billet accusateur anti-Royal (où il lui reproche déjà une future défaite
socialiste en 2012), Abadinte écrit en réponse à un commentaire hostile la phrase suivante :
"Je ne vois qu'une solution pour ceux qui ne respecteraient pas l'orientation politique du Parti Socialiste : l'exclusion."
Très instructif cette réaction et tellement typique de la soupe que nous servent actuellement les apparatchiks (jeunes ou vieux) qui ont pris le PS en otage :
Moi qui aime mettre les choses à l'endroit, voilà ce que cela donne en résumé:
1. Royal en tête des motions 29% : personne ne veut constituer une majorité avec elle. Huées [...]
Comme Rocard, très populaire en son temps, avait été d'abord contenu (1980) puis neutralisé (1988) et enfin détruit (1994) par Mitterrand et ses séides, il semble que le même type de
manoeuvre se joue en ce moment contre Ségolène Royal.
Bien sûr les deux personnages n'ont pas la même stature intellectuelle (même si, désormais, entre un Rocard un peu sénile et bouffi d'orgueil mal placé et Ségolène Royal, on ne peut que
préférer la deuxième). Ils ont tout de même un point commun: celui d'avoir réuni autour d'eux un groupe dynamique de rénovateurs et d'intellectuels prêts à se mettre au service du renouvellement
des idées progressistes en France.
On ne voyait en octobre que les bisbilles Aubry-Delanoë en oubliant que, dès que les partisans de Royal s'avèreraient de nouveau relativement majoritaires, le jour venu, les ligues dissoutes [...]
Décidément, les rebonds sont multiples dans ces affaires d'atteintes aux droits et à la dignité. Dernier relevé ce matin. La réaction de
la Procureur de la République locale suite aux multiples descentes de gendarmes avec chiens dans les établissements scolaires :
" Les élèves ont peur de ces contrôles, ça crée de la bonne insécurité " !
No comment.
En guise d'addendum à mon billet précédent et pour insister sur le fait que ces violations des
droits de l'Homme nous concernent tous, voici le poème d'un pasteur allemand anti-nazi, Martin Niemöller déporté à
Dachau, trouvé sur le forum d'Arrêt-Sur-Images :
Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes
Je me suis tu, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
Je me suis tu, je n'étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
Je me suis tu, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.
Village de Tarnac (Corrèze), 11 novembre 2008, 6h00 du matin Mathieu, 27 ans, est réveillé en sursaut par de violents coups contre sa porte. Il ouvre. Une floppée d'hommes
encagoulés de la brigade antiterroriste font irruption dans sa chambre. Il est ceinturé, menotté violemment. Tout est fouillé, retourné en tout sens. Les policiers en sont sûrs: Mathieu n'est pas ce brillant étudiant parisien qui a choisi de vivre dans ce
tranquille petit village avec des amis par refus de la société marchande et par idéal écologiste et altermondialiste. Il n'est pas ce jeune homme sympathique que le maire salue et que les habitants
apprécient. Non ! Il est comme le lui disent les policiers lors d'un interrogatoire musclé, un type qui "a de la merde dans le cerveau parce qu'il a lu des livres." D'ailleurs, il ne
reverra jamais son petit garçon. Il pourrira là en prison. [...]
Dans l'affaire du journaliste de Libération traité comme un criminel par la justice française pour une simple affaire de diffamation, il était tout à fait prévisible que Sarkozy
ponderait un communiqué pour marquer
sa préoccupation et son empathie avec la victime, tandis que les Ministères de la Justice et de l'Intérieur resteraient droits dans leur botte sur le mode du "toutes les procédures ont été
respectées."
En effet, ce n'est pas la première fois que Sarkozy procède de la sorte. Déjà en tant que Ministre de l'Intérieur il signait textes répressifs sur textes répressifs mais n'hésitait
pas à montrer sa mansuétude sur des cas individuels. En 2006, à des opposants qui lui citaient des cas concrets d'étrangers répondant à tous les critères objectifs de régularisation mais non
régularisés pour des sombres [...]
"La révolution française n'est pas terminée" écrivait Vincent Peillon. A voir la politique du pouvoir
actuel, on se dit qu'il va même bientôt falloir la recommencer de zéro.
Sur la questions des libertés publiques par exemple, Sarkozy est le premier chef de l'Etat depuis de Gaulle à avoir utilisé le qualificatif d'outrage au chef de l'Etat. Un quidam a même
été récemment condamné en justice pour avoir insulté Bernard Kouchner, insulte que celui-ci n'avait même pas entendu. C'est un policier de l'escorte qui a lancé la procédure !
Sur la question des libertés individuelles, la situation apparaît comme encore plus dramatique car finalement peu médiatisée. A part l'affaire Outreau et l'hallucinante récente affaire de cet ancien directeur de Libération menoté, outragé, humilié pour une
simple [...]
Eh bien voilà, on a donc grâce à Rue89 la confirmation
de ce que nous avons hurlé sur ce blog cinq jours durant, à savoir que la Commission de récolement était une
plaisanterie pour les gogos et que tout s'était joué dans un rapport de force politique.
Je retranscris pour la bonne bouche cette phrase d'un très proche de Martine Aubry :
"Les résultats, ils n'existent pas! Il n'y a que les journalistes pour croire qu'il y a eu une vraie commission de récolement..."
Et celle-là encore venant d'un membre de la dite pseudo-commission :
"Vous n'imaginez pas dans quelles conditions on a travaillé, on n'avait même pas les copies des PV de toutes les fédérations avant la commission de récolement. C'est la majorité
politique qui a [...]
Le sarkozysme est triste. Le sarkozysme est aigri. Le sarkozysme, c'est le ressentiment permanent.
Déjà un spécialiste du comportement gestuel des politiques (cf. l'intéressant documentaire belge: "Coupez le son" consacré à ces sujets) avait remarqué combien chez Sarkozy, quand il s'exprime, les expressions de contrariété, de colère et de tristesse sont dominantes.
Des correspondants de la presse étrangère couvrant la Campagne présidentielle 2007 avaient aussi remarqué combien les meetings de Sarkozy respiraient cette pesanteur, cette aigreur.
Ils en avaient même prédit une défaite probable: lourde erreur sur les dispositions mentales de la population française.
Le sarkozysme est un régime de la stigmatisation permanente. La plupart du temps, [...]
Entendu ce matin dans une radio nationale, la représentante officielle d'un nouveau syndicat: le Syndicat des Travailleurs du Dimanche. Cette organisation qui revendique déjà 2000
adhérents défend avec véhémence le projet de loi sur le travail le dimanche au nom de la liberté laissée à chacun de travailler "s'il en a envie". Sa présidente, modeste salariée de la grande
distribution (1200 euros / mois) nous explique qu'elle peut gagner jusqu'à 400 euros supplémentaires par mois grâce à ses dimanches payés double et s'en prend violemment aux vieux syndicats et
politiques récalcitrants les accusant de vivre encore au "début du siècle" (on suppose qu'elle pense au XXe siècle: la loi sur le Dimanche chômé date de 1906 sous le gouvernement Clemenceau).
Peut-il y avoir symptôme plus manifeste de la "sarkozysation" des [...]
Pourquoi attacher tant d'importance à l'élection interne d'un parti qui finit par nous épuiser tellement il suinte l'immobilisme, l'ennui et la politicaillerie ?
Tout simplement parce qu'on aurait pu espérer que c'est de lui ou autour de lui que s'organiserait la riposte qui vaincra l'actuel régime néo-bonapartiste, ce qui ne sera pas une partie de
plaisir : 2007 sera une gentille plaisanterie à côté de ce que devrait être 2012 en terme de matraquage et de propagande.
Déjà les équipes UMP dissèquent les méthodes utilisées par Obama; dans le même temps, le réseau médiatique sarkozyste ne fait que se renforcer et l'actuelle réforme de
l'audiovisuel public va encore resserrer les boulons... Conséquence: 2012 devrait être une élection tendue, fermée, contrôlée, dictée par un agenda sarkozyste [...]
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Ecrire pour résister à l'incroyable régression qui s'abat actuellement sur la France (et l'Europe ?) ** Me contacter à cette adresse: ferrailleur(at)gmail.com
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